Toute l’aventure a commencé en 2017. Un groupe d’amis du 18ème arrondissement a fait le constat que tout le monde se plaignait autour d’eux des décisions municipales qui tombaient souvent comme un cheveu sur la soupe sans concertation réelle en amont.

Ceux qui avaient des enfants ont donc été concernés par le problème de la nourriture dans les cantines. A ce titre ils sont rentrés en contact avec « les enfants du 18ème mangent ça ». D’autres avec des problématiques différentes ont été contactés par d’autres associations ou collectifs du réseau 10-18, un groupe de 11 associations et collectifs. Il y a eu par exemple l’association Aurore qui lutte contre la toxicomanie, ou encore le collectif « Plan Climat 18 », les artistes de la Place du tertre, et ainsi de suite.

La rencontre avec « solidarité migrants-wilson » qui s’est créée pour aider les migrants de la porte de la Chapelle dans le 18ème arrondissement parisien a toutefois été déterminante. Jessica une des militantes raconte ce qui s’est passé ce jour-là ici.

Une volonté d’améliorer le quotidien des habitants

C’était impossible de ne pas s’impliquer plus qu’en distribuant des repas, difficile de ne pas intervenir pour aider toutes ces personnes à la rue au milieu des rats. Au milieu des repas distribués, de la misère mais aussi de la solidarité, de la bonne humeur et de la générosité, l’idée du 18 en commun est donc née.

L’intention se voulait originale : agir pour changer la vie des habitants du 18ème arrondissement. Des réunions de concertation ont eu lieu dans des cafés auxquelles ont participé de nombreux habitants. Leurs problèmes ont été écoutés et entendus. C’était étourdissant et cela allait du scandale de la nourriture dans les cantines, au manque d’infrastructures, au logement, à la sécurité, à l’environnement aussi. Autant de problématiques qui dépendent de la municipalité en réalité, une municipalité qui prend les décisions sans concertation ou avec une concertation de façade une fois le projet quasi abouti. Cela donne aussi une municipalité déconnectée du terrain et dont les décisions n’améliorent plus le cadre de vie de ses citoyens qu’elle ignore.

L’est du 18ème ressemble de plus en plus à un endroit de non droit dans lequel les conditions de vie se dégradent de manière violente. Des groupes de citoyens se sont mobilisés pour essayer de combler le manque de présence publique et essayer d’interpeller les pouvoirs publics.

Un problème de concertation défaillante

Le manque de concertation avant les décisions prises actuellement nous a semblé la base du problème. Chacun devrait pouvoir s’exprimer, être entendu. Chacun possède aussi, par le simple fait d’avoir une expérience de vie dans la commune, une légitimité pour discuter des orientations prises.

Rien n’oblige les citoyens à pérenniser un mode de gestion dit « traditionnel » qui montre ses limites. Ils peuvent aussi faire des choix de gestion locaux différents et opter pour du collaboratif au niveau municipal pour améliorer leur qualité de vie. La commune est en effet l’endroit idéal où ils peuvent le faire de manière efficace puisque c’est une cellule qui a accès à des ressources, matérielles, humaines et financières importantes.

D’ailleurs notre mouvement s’il est original, n’est pas unique dans sa logique. Il touche toutes les tendances. En effet, nous sommes à l’époque des indignés, de Nuit Debout et des Gilets jaunes. Nous sommes aussi à l’époque des marcheurs qui sont partis à l’assaut des élections.

Des citoyens à l’assaut des municipales

Pour le 18ème, la seule réponse que nous avons trouvée pour introduire plus de participatif et de collaboratif dans la gestion de la ville était de partir à l’assaut des municipales et c’est ainsi que le mouvement du 18 en commun a pris forme.

Nous avons donc décidé de proposer un programme accès principalement sur l’ouverture à la coopération et la cogestion entre les habitants en dehors du cadre municipal, la Commune se portant garante en moyens humains, financiers, événementiels et matériels de cette transformation.

Le mouvement est humaniste, apartisan, apolitique et aucune forme de discrimination n’y est autorisée. Le mouvement est transparent. Il fallait lui donner un visage, nous avons désigné par consensus Patrick Garnier comme Président.

Un cadre pour permettre aux citoyens de s’exprimer

Notre programme est simple : permettre l’implication du maximum de personne dans l’élaboration des actions publiques qui les concernent au niveau local et leur donner les moyens de faire naitre et vivre leurs projets ensemble.

Nicolas Husset, le trésorier du mouvement, explique d’ailleurs que s’il participe à ce mouvement, c’est

« que la politique est un art. L’art du vivre-ensemble, de construire ensemble notre cadre de vie. C’est l’art de créer une communauté, avec des règles, des objectifs, des activités, du partage. L’art de souder un groupe de personnes que rien d’autre à part l’attachement territorial ne lie au premier abord. »

L’idée n’est pas d’être élu pour prendre des décisions pour les autres. Le but est d’être élu pour mettre un cadre en place qui permettra aux citoyens d’exprimer leur volonté et de prendre eux-mêmes leurs décisions.

Une charte qui séduit

Dans cet objectif, une charte a été proposée aux autres listes. Cette charte a été appelée « charte de la participation citoyenne inclusive » parce que le but du 18 en communs n’est pas de gagner à tous prix les municipales. Il nous importe peu que les autres listes se servent de nos idées ou de nos moyens pour porter nos idées qu’elles s’approprieraient. Nous souhaitons principalement que les choses changent et que la politique locale devienne accessible aux habitants.

Pour le moment cette charte a été signée par plusieurs mouvements :

  • Rayan Nezzar, porte-parole de Cédric Villani et candidat à la mairie du 20ème
  • Pierre Henry, candidat à la mairie du 10ème
  • Hela Daboussi, « Parisiens, Parisiennes » candidate à la mairie du 18ème
  • Anne-Claire Boux, EELV, les candidats à la mairie du 18ème.

Tout est possible

Nous continuons à militer et nous le faisons de plus en plus activement.

Nous sommes pleins d’espoirs et les résultats nous montrent que nous avons raison.

Nous sommes déjà des centaines.

Chacun a son niveau peut changer les choses.

« Soyez résolus de ne servir plus, et vous serez libres. » Étienne de La Boétie